Politique

« A six mois de la présidentielle, le 17 octobre risque de devenir le symbole de l’effondrement du macronisme »

« A six mois de la présidentielle, le 17 octobre risque de devenir le symbole de l’effondrement du macronisme »

Dimanche 18 octobre soir, sur France 2, il y avait dans les images de l’intervention d’Emmanuel Macron, dans ce qu’elles dégageaient, comme un air de déjà-vu. Le 1er décembre 2016, François Hollande, conscient qu’il était trop affaibli pour se présenter à sa réélection, annonçait, lugubre et tout de noir vêtu, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle de 2017. Deux quinquennats plus tard, l’intervention de son successeur, veste et cravate noires, avait le même parfum, celui d’une fin de règne crépusculaire.

Sur le fond, aussi, Emmanuel Macron a donné l’impression d’une forme d’abdication, livrant son incompréhension (« qu’ont-ils dans la tête ? », a-t-il dit au sujet des casseurs) et semblé faire aveu d’impuissance, ne proposant rien de concret pour éteindre la contestation. Confronté à une triple crise (sociale, budgétaire et financière, politique), le président de la République a peu de marges de manœuvre pour répondre au mouvement, alors qu’il se voit toujours privé de majorité à l’Assemblée nationale.

Lui qui aime tant convoquer les partis, les recevoir en majesté, a cette fois délégué cette réunion au premier ministre. Tout comme il a demandé aux préfets d’apprécier les moyens nécessaires au maintien de l’ordre. Et puis, il est parti, attendu dans le Golfe pour un voyage de trois jours. Soucieux d’amorcer une désescalade, et de se protéger, le président jupitérien s’est, pour une fois, effacé.

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