Pour l’élection présidentielle de 2027, Martine Jolly n’est pas du tout sûre d’accorder son parrainage à un candidat. La maire (sans étiquette) de Courcy (Marne), 1 300 habitants, n’a vraiment pas le cœur à ça. Certes, elle a le temps de changer d’avis. L’élection du prochain chef de l’Etat est dans une dizaine de mois et le recueil des 500 parrainages nécessaires ne débute officiellement qu’avec la publication du décret de convocation des électeurs, « au moins dix semaines avant la date du premier tour », prévoit la loi.
Mais, « comme tous les citoyens », elle se sent « perdue, agacée ». « Tout le monde est dégoûté, ici », lâche-t-elle. Vendredi 29 mai au matin, Martine Jolly a accompagné une habitante faire ses courses. « C’est une personne âgée qui a une toute petite retraite et qui a honte de demander des aides, raconte la maire. Elle m’a dit : “J’ai envie d’acheter une barquette de fraises aujourd’hui. Je ne pourrai pas m’acheter de viande, mais j’ai envie de me faire plaisir…” Vous vous rendez compte ? Une barquette de fraises…, relève, stupéfaite, Martine Jolly. C’est un luxe pour elle. » La réalité sociale difficile qui s’exprime dans ce village champenois situé à 10 kilomètres de Reims, comme dans beaucoup d’autres territoires, « les grands candidats [à la présidentielle] ne veulent pas la voir, peste l’édile. Et je leur en veux ».
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