Chaque matin, depuis trois semaines, des étudiants organisent le blocus d’établissements qui affichent déjà porte close, en vertu d’arrêtés préfectoraux de « fermeture administrative ». Un paradoxe qui exaspère les organisations étudiantes, alors que la mobilisation a atteint une ampleur inédite, le 17 octobre, et que de nouvelles assemblées générales, convoquées dès dimanche, ont voté une reprise des actions dans des universités mais aussi dans de grandes écoles.
En ressort une impression diffuse : les revendications des étudiants semblent moins audibles que celles des lycéens dans le débat public. « Avec ces fermetures préventives, l’université ferme ses portes la veille, pour une durée déterminée ou indéterminée, afin d’empêcher que des actions puissent avoir lieu et que des étudiants s’y réunissent. C’est une tentative de pénaliser les personnes mobilisées et d’ignorer une nouvelle fois les revendications légitimes de la jeunesse », dénonce Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.
Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, a estimé, dans une circulaire adressée le 13 octobre aux chefs d’établissement, qu’il leur fallait « anticiper et prendre toutes les mesures adaptées pour prévenir les risques caractérisés de troubles à l’ordre public », citant le recours aux forces de l’ordre pour évacuer une occupation et le recours à la fermeture administrative.
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