Artistes cinq étoiles, collectionneurs dorés sur tranche, influenceurs glamour et mastodontes du luxe en guise de sponsors. En cinq ans, la formule de la foire Art Basel Paris n’a que très peu varié. Alors que la bouture parisienne du géant helvétique s’apprête à ouvrir mardi 20 octobre au Grand Palais pour une poignée de privilégiés, entraînant un flot d’événements satellites et de mondanités pendant toute la fin de la semaine, cette bulle d’opulence s’est vue brutalement rappelée à la réalité.
Impossible d’ignorer les tensions fracturant une société française essorée par l’inflation et l’incertitude. Le 15 octobre, le ministère des affaires étrangères annonçait le report de l’exposition « Passages. Pas sages » mise en scène par les designers Thierry Lemaire et Harry Nuriev dans les salons historiques du Quai d’Orsay, jugée inopportune dans un climat social électrique. Puis, face aux violences et dégradations survenues les 17 et 18 octobre dans la capitale, le Jeu de paume annulait à son tour le vernissage VIP prévu dimanche. Lundi 19 octobre, une mobilisation des étudiants de l’Ecole du Louvre a bloqué l’ouverture du plus grand musée du monde. Le soir même, c’est le vernissage de l’exposition de Gina Pane à l’Ecole des Beaux-Arts qui était annulé en raison d’étudiants bloquant l’accès.
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