C’est une musique qu’on entend régulièrement dans le débat public. Une conviction solidement installée chez certains responsables politiques. Les demandeurs d’emploi « attendraient » d’arriver en fin de droits pour reprendre un poste. Il s’agit en tout cas de la raison très souvent invoquée pour justifier des réformes de l’assurance-chômage visant à durcir les règles d’indemnisation. Recevoir des allocations pendant une durée trop longue n’encouragerait pas les chômeurs à se mettre rapidement en quête d’un travail.
Candidat Les Républicains à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau a multiplié les déclarations sur la nécessité « d’inciter à la reprise d’activité » en plafonnant certaines aides, notamment l’indemnisation du chômage. Un créneau sur lequel se trouve un autre prétendant à l’Elysée, Gabriel Attal. Le secrétaire général de Renaissance souhaite à nouveau réformer l’assurance-chômage, comme il avait prévu de le faire lorsqu’il était premier ministre. En 2024, il expliquait, lui aussi, vouloir renforcer les « incitations » à travailler et réduire les droits afin de favoriser le plein-emploi. Interrogé sur les contrats courts, il dénonçait également un système où certains alterneraient emploi et chômage, par choix : « Je travaille quelques mois, je touche le chômage quelques mois, je retravaille quelques mois, je touche le chômage. »
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