Du haut de l’immeuble qui abrite la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), la vue n’a rien de bucolique. Certes, au loin, les marais apportent une touche nature. Mais ce qui saisit le regard, ce sont, à quelques coups d’aile de la tour, les 110 hectares ponctués de plusieurs bassins des Chantiers de l’Atlantique. Une énorme emprise, d’où émerge, entre hangars, empilement de tôles d’acier – la matière première des navires –, bâtiments et portiques, la silhouette massive de plusieurs géants des mers en construction, comme le MSC World-Asia, haut comme un immeuble, qui pourra transporter quelque 6 800 passagers et 2 200 membres d’équipage.
Le site est dimensionné pour fabriquer jusqu’à huit navires simultanément. Une ruche, où travaillent jusqu’à 4 500 salariés, auxquels peuvent s’ajouter 5 500 sous-traitants. Bientôt, une nouvelle usine complétera le site. Les grues, les portiques et les immeubles obstruent en partie la vue sur les deux usines Airbus Atlantic, situées juste derrière, mais dont on devine la présence grâce au passage du Beluga, l’avion-cargo qui transporte des pièces des futurs appareils et qui traverse le ciel plusieurs fois par jour, attestant de l’intense activité industrielle du bassin nazairien.
Un tableau presque anachronique dans une France minée par la désindustrialisation, qui plus est dans ce bassin en bordure d’estuaire qui a failli sombrer. « Si c’est toi le prochain maire, tu vas devoir gérer des friches industrielles », avait lancé, en 2012, Joël Batteux, qui s’approchait alors de la fin de ses trois décennies de mandat municipal (1983-2014), à David Samzun (Parti socialiste), son adjoint à l’urbanisme de l’époque, aujourd’hui premier édile.
Reprise par l’Agence des participations de l’Etat
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