L’avenir de la presqu’île de Caen version 1 collectionnait les promesses à n’en plus finir. Une localisation idéale : dix minutes à pied de la gare, cinq de plus pour le centre en longeant les quais, face à la grande médiathèque conçue par Rem Koolhaas – baignée de lumière, ouverte le dimanche, proposant studios de musique, expositions, fauteuils avec vue sur l’eau.
Là, entre l’Orne et le canal qui mène à la mer – 15 kilomètres au nord –, tout près de l’école d’art et du Cargö, la salle qui a vu naître le rappeur Orelsan – « son » kebab, le Magic beau gosse, est à deux pas –, on allait construire 2 500 logements, des commerces et locaux d’artisans.
Dans les appartements, forcément traversants, le soleil entrerait l’hiver, les courants d’air l’été. Les voitures resteraient à l’entrée. A l’opposition, qui craignait des prix pour les Parisiens, la ville répondait veiller à ce que chaque décile de la population puisse s’y loger. La zone est inondable, mais dans son plan guide, l’agence hollandaise MVRDV plantait des haies de 2,25 mètres de large autour des bâtiments. Les permis validés, les promoteurs démarchés, le projet était sur le point d’être lancé.
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