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Tirs à Trappes et à La Verrière : Laurent Nuñez dénonce « un crime terroriste » après l’attaque qui a fait un mort et quatre blessés

Tirs à Trappes et à La Verrière : Laurent Nuñez dénonce « un crime terroriste » après l’attaque qui a fait un mort et quatre blessés

Un individu a tiré dans la rue, vendredi 23 octobre au matin, à Trappes et à La Verrière (Yvelines), tuant une personne et en blessant quatre autres, a annoncé le premier ministre, Sébastien Lecornu. L’homme a été interpellé et placé en garde à vue, a-t-il précisé sur le réseau social X.

« L’ensemble des moyens des forces de sécurité et de l’autorité judiciaire sont pleinement mobilisés », a continué M. Lecornu. Le président de la République, Emmanuel Macron, a exprimé sa « profonde émotion » et sa « reconnaissance [aux] forces de l’ordre qui ont déjà procédé à l’interpellation de l’auteur ».

Le Parquet national antiterroriste a annoncé dans un communiqué se saisir de ces faits et a ouvert une enquête de plusieurs chefs dont « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée » ou encore d’« association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crises contre les personnes ».

Selon la préfecture des Yvelines, les secours sont en cours d’intervention, et le bilan « n’est pas stabilisé ». Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a précisé vendredi à la mi-journée qu’un « individu à bord d’un véhicule a[vait] tiré à l’arme, semble-t-il, de guerre, en tout cas, une arme automatique, sur cinq personnes en différents endroits ».

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, s’est déplacé à Trappes avec la ministre Aurore Bergé, pour échanger avec le maire de la ville Ali Rabeh, avant de tenir un point presse devant la mairie.

« Crime terroriste »

« C’est clairement un crime terroriste », a déclaré vendredi Laurent Nuñez, dénonçant un « acte extrêmement grave ». Selon le ministre de l’intérieur, le suspect a ouvert le feu sur plusieurs personnes depuis son véhicule, avant d’être interpellé par des policiers de la brigade anticriminalité (BAC), qui ont « très probablement interrompu ce périple meurtrier ». Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’affaire, a-t-il annoncé, précisant que l’enquête devra « faire toute la lumière » sur les circonstances de l’attaque. Le Raid et le déminage ont, par ailleurs, été envoyés au domicile du suspect ce matin.

Aurore Bergé a, de son côté, évoqué la possibilité d’un mobile raciste, qui reste à établir par l’enquête. « Si cet acte et cette motivation à caractère raciste devaient être retenus, j’espère que toute la nation serait avec les habitants de Trappes, de La Verrière et les victimes », a-t-elle déclaré, estimant que « nous ne pouvons pas, dans la République française, tolérer le moindre propos raciste, le moindre propos discriminatoire ». Elle a toutefois rappelé qu’il appartenait au procureur de la République de « faire toute la lumière sur les actes, sur les motivations » et de déterminer précisément les circonstances de l’attaque.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a ensuite pris la parole face à la presse. Il a dénoncé les discours politiques stigmatisant les populations arabo-musulmanes, estimant qu’ils pouvaient contribuer au passage à l’acte violent. « Il faut qu’on soit collectivement lucides sur le fait que les discours qui arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte sont criminels », a-t-il déclaré, appelant à défendre la « concorde civile ».

Appel à la « désescalade » et à la « concorde républicaine »

L’élu a notamment mis en cause les responsables politiques, « qu’on soit ministre, candidat à la présidentielle, député », qui attribuent « tous les maux de cette société » aux « arabo-musulmans ». « Tous ces discours font des morts », a-t-il affirmé.

L’enquête devra établir les motivations du suspect, a poursuivi Ali Rabeh, qui a évoqué « une première tentative de crimes de masse à connotation islamophobe et raciste ». Selon lui, l’assaillant aurait pu faire davantage de victimes compte tenu de son armement, mais son parcours a été interrompu « grâce notamment au courage des forces de l’ordre », qui l’ont interpellé dans une ville voisine.

Le maire a enfin appelé à la « désescalade » et à la « concorde républicaine », estimant que les responsables politiques, les journalistes et l’ensemble des Français avaient une responsabilité collective pour empêcher de nouvelles violences. « On est citoyens d’un très grand pays dont on doit être fiers. Et cette fierté, elle exige de la responsabilité, notamment chez les hommes et les femmes politiques. Soyez tous lucides sur votre responsabilité, tous, y compris vous les journalistes », a-t-il lancé.

L’état de l’enfant touchée à La Verrière est « stabilisé », selon le maire

L’homme est passé par la ville de Trappes, où il a tiré sur une station-service, une maison de santé ainsi qu’une aire de jeu, a déclaré le maire de la ville, Ali Rabeh (Génération.s), sur BFM-TV. Un homme est mort, et un autre est blessé, qui se trouve « en urgence absolue », selon M. Rabeh. « Le tireur (…) avait envie de faire un carnage », a-t-il ajouté, pointant de « très nombreux tirs » en rafale dans différents quartiers de la ville.

Questionné sur de potentielles intentions racistes du tueur, le maire de Trappes « observe que la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine », et dit attendre qu’on fasse « la transparence sur [l]es motivations [du tireur] ». De son côté, le ministre de l’intérieur a précisé que c’était « le PNAT qui communiquera[it] là-dessus », ajoutant : « Le PNAT est saisi. C’est déjà une indication, je trouve, assez forte sans que j’ai d’autres commentaires à faire. »

A La Verrière, une enfant de 12 ans a été touchée, a affirmé le maire de la commune, Nicolas Dainville (divers droite), lui aussi auprès de BFM-TV, précisant vers 15 heures que « son état s’améliore et est stabilisé », avant d’ajouter qu’il allait se mettre en contact avec sa famille. En outre, deux hommes, de 29 et 49 ans, ont également été visés et transportés dans deux hôpitaux différents, a précisé M. Dainville, qui affirme que « leurs pronostics vitaux ne sont pas engagés », mais « c’est un climat de très grande peur et d’effroi que nous vivons actuellement », a affirmé le maire de La Verrière à BFM-TV.

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