Politique

Le projet de loi d’urgence agricole adopté dans la cacophonie par une Assemblée nationale fracturée sur les pesticides

Le projet de loi d’urgence agricole adopté dans la cacophonie par une Assemblée nationale fracturée sur les pesticides

Il est bientôt minuit dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet et les esprits s’échauffent à l’Assemblée nationale. Sur les bancs du groupe qu’il préside (Horizons), Laurent Marcangeli frappe de rage son pupitre. Le député (La France insoumise, LFI) Manuel Bompard vient de s’en prendre à une mesure du projet de loi d’urgence agricole qui arrive au terme de son parcours législatif. « On est en train de parler d’un article qui réintroduit des pesticides dangereux pour la santé », s’indigne l’élu des Bouches-du-Rhône. « C’est faux », hurle son collègue du parti d’Edouard Philippe qui s’emporte : « Arrêtez avec vos conneries ! »

Voilà plusieurs minutes que les députés de gauche multiplient les rappels au règlement, une vieille technique d’obstruction parlementaire, dans une ultime bataille pour tenter d’empêcher le vote du projet de loi d’urgence agricole.

Le gouvernement craignait que la mesure permettant la réautorisation dérogatoire de deux néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, ajoutée par le Sénat, ne conduise au rejet du texte au Palais-Bourbon. Le texter a finalement été largement adopté dans la nuit par 296 voix pour, majoritairement issues de la droite et de l’extrême droite et 224 contre. Mais le scrutin chahuté a mis au jour deux fractures : celle d’une France de plus en plus divisée sur la question des pesticides, et celle d’un exécutif et de son bloc parlementaire disloqué, donnant le sentiment d’œuvrer dans une grande improvisation.

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