Politique

Eruption sociale : une « belle élection présidentielle » est-elle possible ?

Eruption sociale : une « belle élection présidentielle » est-elle possible ?

Dimanche 18 octobre, au lendemain des manifestations émaillées de violences et de pillages, Emmanuel Macron a émis un souhait. « Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois », a espéré un président de la République visiblement désemparé face aux émeutiers (« Qu’ont-ils dans la tête ? »). Les Français auront-ils droit à une « belle présidentielle » riche de « débats (…) où l’on parle et l’on s’explique dans le respect, jamais dans le désordre et dans la casse », selon les mots du chef de l’Etat ? Vu l’actualité des derniers jours, il est permis d’en douter.

Ce début de campagne se joue à la lumière d’une fin de règne crépusculaire. Chargé de solder le passif de neuf années de macronisme, le gouvernement de Sébastien Lecornu doit d’abord traiter les urgences et les conséquences des quinquennats passés. Les revendications des lycéens, que l’exécutif a trop vite négligées ; le projet de loi de finances qui s’enlise au Parlement alors que les marchés surveillent de près la dette de la France ; le pouvoir d’achat grevé par la dépendance de millions de familles aux énergies fossiles… Dans quelques mois, Emmanuel Macron et ses gouvernements vont laisser beaucoup de dossiers sur leurs bureaux. En attendant, ils entraînent la campagne présidentielle dans une spirale de crises à gérer, paralysant les débats sur les grands projets d’avenir.

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