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Attaque meurtrière de Trappes : Emmanuel Macron fait polémique en évoquant un « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion », malgré des précédents

Attaque meurtrière de Trappes : Emmanuel Macron fait polémique en évoquant un « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion », malgré des précédents

Plusieurs personnalités ont exprimé leur réprobation, vendredi 23 octobre, après les propos d’Emmanuel Macron sur l’attaque de Trappes, que le président a qualifiée de « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion », malgré des précédents.

Des deux côtés de l’échiquier politique en passant par des associations, le président de la République est accusé d’« oublier », de « nier la réalité », en particulier l’attentat commis en 2012 par Mohamed Merah, qui a coûté la vie à sept personnes, dont trois élèves d’une école juive, celui de l’Hyper Casher, en 2015, l’assassinat du père Hamel en 2016 ou encore l’attaque de la basilique Notre-Dame de Nice, en 2020.

Vendredi, un homme soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration a tué une personne et fait cinq blessés lors d’une attaque entre Trappes et La Verrière (Yvelines). Il a été interpellé et placé en garde à vue.

« C’est un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a affirmé Emmanuel Macron, qui s’est rendu sur place dans la soirée. « Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est un attentat terroriste, raciste », a-t-il assuré. « Nous n’avons rien à céder aux idées qui s’installent dans la République et qui peuvent justifier ce genre de comportement ou qui créent une atmosphère qui pourrait les justifier. »

Une déclaration « politiquement problématique »

« Contrairement à ce que vous déclarez, ce n’est pas “la première fois” que des Français sont visés et tués, dans le cadre d’une opération terroriste planifiée, “en raison de leur couleur de peau ou de leur religion” », a lancé sur la plateforme X le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, rappelant les précédents des quinze dernières années.

« Cette déclaration du président de la République est factuellement fausse donc politiquement problématique », a abondé le député de l’Essonne Jérôme Guedj (Parti socialiste), soulignant que « l’assignation identitaire » avait déjà « servi de levier au terrorisme ».

Remontant jusqu’à la rue des Rosiers en 1982, le député européen François-Xavier Bellamy (Les Républicains) a appelé Emmanuel Macron à ne pas, « pour faire croire qu’elle est un “tournant”, nier soudain la réalité des larmes versées par la France depuis bien trop longtemps », mentionnant également l’attentat contre Charlie Hebdo et le meurtre de Samuel Paty, « tués pour ce en quoi ils ne croyaient pas ».

« Soirée tragique où un président choisit ses morts. Il oublie les catholiques, comme le père Hamel, mort parce que catholique. Il oublie les juifs, comme les enfants Sandler, morts parce que juifs. Il oublie les Blancs, comme Thomas, mort parce que Blanc », a encore tancé la députée européenne d’extrême droite Sarah Knafo (Reconquête !).

« Aucune douleur ne doit être hiérarchisée »

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, a, lui aussi, réagi. « Tuer un Français pour sa couleur de peau ou sa religion supposée, c’est attaquer la République tout entière. Nous sommes tous aux côtés des victimes sans réserve », a-t-il écrit sur X. « C’est précisément parce que cette unité est sacrée qu’une déclaration du président de la République oblige à une mise au point », relevant que « ce n’est malheureusement pas “la première fois” » qu’un tel attentat se produit en France.

Dans la soirée, l’Elysée a réagi à la polémique en expliquant que « le chef de l’Etat parl[ait] bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans [le] pays, ainsi qu’il l’a précisé au début de son intervention ».

Le président a lui-même précisé sur X vouloir « rappeler une vérité essentielle et éviter toute polémique : [le] pays a connu, ces dernières années, des attentats qui ont frappé des chrétiens parce qu’ils étaient chrétiens et des juifs parce qu’ils étaient juifs. Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. Et [il] veu[t] que rien, ce soir, ne vienne ajouter à la peine des familles, à la tristesse du pays et au recueillement de la nation ».

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