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Affaire des viols « libertins »

Ecrire sur les violences sexuelles expose souvent à un dilemme. Face à la question des limites du récit, qui se pose devant l’avalanche de traitements inhumains et dégradants subis par les femmes ayant partagé un temps de leur vie avec Christophe B. Comment trouver la ligne de crête entre le respect de l’intimité des victimes et la dénonciation de la gravité des atteintes commises par les mis en cause de l’affaire des viols « libertins » de Gironde ?

Projeter de telles violences dans l’espace public implique une mise en lumière pouvant engendrer une revictimisation, d’où notre choix de protéger les identités des compagnes successives de Christophe B. et les dates permettant de les reconnaître. A l’inverse, dissimuler la cruauté de ces actes reviendrait à minimiser la brutalité physique, psychologique et sexuelle que les hommes – qui se comptent en l’espèce par dizaines, sur le territoire principal d’un seul département – sont capables d’exercer sur des femmes. Ce dossier présente une spécificité : les 19 mis en examen sont accusés d’avoir commis des viols « avec torture ou acte de barbarie », une circonstance aggravante toujours maniée avec prudence par la justice.

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